Wing Chun Luo
- Les fondamentaux -

Sifu Luo Jia Jue
Sifu Luo Jia Jue

La naissance du style Luo

Originaire de l’ile de la Réunion, Luo Jia Jue découvre les arts martiaux dès son plus jeune âge. Après avoir pratiqué plusieurs disciplines (le judo, le karaté, le taekwondo, le Jeet kune do, le wing chun), il décide de se consacrer au Wing Chun Kung-Fu, l’art martial qui l’attire et l’émerveille le plus. En quête d'authenticité, il décide de vivre son rêve de partir en Asie en 1993 afin de découvrir le Wing Chun du célèbre maître Ip Man.

Dès lors, il réside à Taiwan chez maître Lo Man Kam (neveu du maitre Ip Man), où il s'adonne à plein temps à sa passion.

Ses connaissances et sa solide expérience lui permettent de définir la direction à suivre pour faire progresser son art. Devenu lui-même instructeur, il fait évoluer et modifie peu à peu son enseignement, et s'efforce d'approcher au plus près des fondements du Wing Chun. Sa détermination à perfectionner la pratique de son art et sa recherche de simplicité et d'efficacité, établissent peu à peu les bases de sa propre école : le Wing Chun style Luo.

Les Principes

Pendant le chi-sao pratiqué dans l’école Luo chaque mouvement doit être vérifié. La technique, la relaxation, la structure, l’angle, la position, la distance, la fluidité et le feeling sont les éléments interdépendants qui entrent en jeu et qui sont à prendre en compte lors de la vérification. La précision est le facteur clé de l’école.

La technique

Le Wing Chun se base sur un court panel de mouvements simples, faciles et rapides à apprendre et à mettre en œuvre. Ils nécessitent toutefois beaucoup de rigueur et de précision pour parfaire leur efficacité dans la pratique.

La relaxation

Notre réaction naturelle face à une pression exercée sur nos membres ou notre corps est de repousser cette pression avec la même force, généralement en augmentant la tension musculaire, non seulement dans le membre affecté, mais bien souvent dans tout le reste du corps.
Les avantages de répondre à une telle pression en relaxant d'abord les muscles, sont de pouvoir aisément dévier cette force sans solliciter d'effort musculaire et de profiter de l'inertie fournie pour augmenter la rapidité de la riposte.
La relaxation psychologique permet aussi une réponse plus efficace et précise à une attaque adverse. En effet, grâce a cette détente de l’esprit le pratiquant ressent moins de tension et de stresse pendant sa pratique et en situation de défense personnelle (self-defense).

La structure

Implicitement liée à la position, à l'ancrage et aux angles, elle permet au pratiquant d'évacuer toute pression exercée vers le sol grâce à la force naturelle du corps sans pour autant nécessiter de force musculaire supplémentaire. Une structure travaillée confèrera au pratiquant équilibre et stabilité, augmentant ainsi sa capacité à se relaxer.

L'angle

Le Wing Chun reposant sur des concepts scientifiques, "l'angle" vient ici décrire le principe d'attaque et de défense simultanées, mais également l'efficacité des forces en fonction de leur angle d'application.

La position

Telle qu'enseignée dans le Siu Lim Tao, la position de base confère au pratiquant équilibre, stabilité, dynamisme et protection. Alors que les membres inférieurs et le tronc alignent l'ensemble du corps sur un axe solidement ancré au sol, les bras viennent protéger les points vitaux situés dans le triangle naturel formé par les hanches et les genoux.

La distance

La notion de distance dans les arts martiaux est très importante et le Wing Chun ne fait pas exception à la règle.
La distance entre l’attaquant et l’adversaire varie à chaque instant dans une situation réelle de combat. Le pratiquant doit donc ressentir que la distance est parfaite avant de faire un mouvement d’attaque ou de défense.

La fluidité

La fluidité permet au pratiquant de conserver un "rythme", de faire circuler l'énergie dans ses mouvements et maintenir sa structure à tout moment. Il évitera ainsi les tensions ou crispations qui pourraient mettre à mal son équilibre et pourra ainsi rediriger ses mouvements avec un maximum d'inertie.

Le feeling

Ressentir plutôt que regarder est un avantage indéniable. En effet, en opposition avec les réflexes basés sur la vue, les réflexes sensitifs sont beaucoup plus rapides et précis pour mesurer l'ampleur, la force et la direction d'un mouvement. Mais ce n'est pas là leur seul avantage : le feeling permettra en outre de réagir de manière opportune à n'importe quel mouvement en utilisant LE geste le plus approprié à cette situation.

Les Taos

Au nombre de 6, les taos du Wing Chun, également appelés "formes", enseignent aux élèves des techniques de combat simples et accessibles. Ces suites de mouvements, effectuées avec ou sans armes, permettent d'améliorer l'efficacité et les temps d'apprentissage du pratiquant.

Siu Lim Tao

"La petite idée" - Ce tao enseigne les mouvements de base de la discipline et initie le travail de protection de la ligne centrale. Cette forme statique, où seuls les bras sont sollicités, permet également au pratiquant de se concentrer sur son ancrage, son équilibre et son relâchement.

Chum Kiu

"Casser / Rattraper la distance" - En complément du Siu Lim Tao, la deuxième forme inculque à l'élève les notions de déplacement et de pivots. Ainsi, le pratiquant sera capable de gérer ses distances de combat et d'éviter / rediriger les forces de son opposant.

Biu Jee

"Les doigts qui frappent" - C'est la forme à mains nues la plus avancée du Wing Chun. Ici, le travail de l'élève consiste à apprendre comment réduire ou augmenter sa distance de combat en utilisant différentes parties du corps telles que les coudes ou les doigts. C'est également à partir de cette forme que commence l'apprentissage du "Dan tien", l'énergie puisée dans l'abdomen.

Mook Yan Jong

"Le mannequin de bois" - Cette structure en bois massif est en réalité un adversaire fictif. Le mannequin a pour objectif d'améliorer la qualité et la précision des gestes, des déplacements, des angles et des frappes. Peu à peu, le tao est mis de coté à mesure que l'élève progresse, au profit d'une pratique plus improvisée.

Luk Dim Boon Quan

"Bâton à six points et demi" - Appelée également "Dragon Pole", la cinquième forme est la première incluant une arme : un bâton mesurant 2,80m. Cette forme, en plus d'enseigner le combat avec une arme, est essentielle à la puissance explosive à courte portée et à la stabilité structurelle, elle-même nécessaire à l'exécution de techniques de Wing Chun puissantes.

Bart Jarn Tao

"Les couteaux papillons" - La sixième et dernière forme du Wing Chun Kung-Fu vient achever la formation du pratiquant en lui enseignant le combat avec deux couteaux d'environ 50cm. Elle vient également parfaire les techniques à mains nues et contribue à l'amélioration du dynamisme corporel.